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mercredi 1er septembre 2010 | Setif.Info
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Après des études en langues et en histoire à Lyon où il est né, c’est à partir de 2000 que Karim Chaibi a débuté son activité de Guide Interprète National (monuments historiques) à Paris. Parallèlement, il a entrepris des recherches indépendantes en histoire, en particulier sur la région de Sétif, dont il est originaire. L’ouvrage « De Sitifis à Sétif », édité au printemps dernier fait suite à plusieurs années d’exploitation d’archives en France mais également d’enquêtes de terrain autour de Sétif, notamment pour les événements du mai 1945.
Karim Chaibi est notre invité de ce mois de septembre 2010 pour répondre à vos questions relatives à l’histoire de la région de Sétif.
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Commentaires publiés (38)
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Les commentaires publiés ci-dessous ne reflètent que l'opinion des internautes.
1er septembre 2010,
12:02 , par Anonyme-76632 :
bonjour mr karim
je souhaite savoir ou se vend votre livre.felicitations pour ce travaille.une foi
a setif vous serez mon invite .prendre contact avec hedna je lui laisse mes coordonnes.
saha ftourkoum |
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Réponse le 4 septembre 2010, par Anonyme-76817
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Salam, Bonjour !
Tout d’abord je remercie les animateurs de Sétif Info pour leur invitation.
Merci à vous également, je vais pouvoir vous donner une seule adresse à Sétif, où je sais avec certitude que l’ouvrage De Sitifis à Sétif est vendu, c’est une modeste librairie très intéressante située sur la grande avenue du 1er novembre (au niveau des arcades, côté gare), à proximité de l’agence ENMTV. Ailleurs, à Sétif, je ne l’ai pas encore vu mais il est vendu à Alger (dont l’aéroport). Ce sont les éditions DALIMEN qui l’ont édité et le diffusent en Algérie. |
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1er septembre 2010,
23:44 , par said :
ou peut on se procurer cet ouvrage ? même en eBook ? " de Setifis à Sétif " |
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Réponse le 4 septembre 2010, par Anonyme-76819
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Bonjour
Une librairie le vend à Sétif, à côté de l’ENTMV et on le trouve aussi à Alger. ce sont les éditions DALIMEN qui le diffusent.
Merci |
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3 septembre 2010,
12:16 , par stif :
bonjour a tous.
je voudrais savoir si vous avez des publications concernant l’histoire de notre region et en particulier des documents auquels nous n’avons pas acces et dont on dit qu’ils sont nombreux en france par exemple la population des villes et villages a differentes dates etc etc merci de votre reponse et bonn continuation.
ps : il parait qu’il existe des documents relatifs a la vie de sidi el khier de sidi m’barek...... |

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Réponse le 4 septembre 2010, par Anonyme-76818
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Bonjour !
Je dispose en effet d’un fonds documentaire assez riche sur la région de Sétif, composé essentiellement de photos, de cartes et d’archives civiles et militaires en France (dont l’accès est libre pour la plupart sauf concernant la période 1954-62 qui sont disponibles, mais moins facilement) .
Mon travail de recherche sur l’histoire de notre région s’est avant tout basé sur une bibliographie, dont certains ouvrages sont disponibles sur le site de la BNF (Bibliothèque Nationale) et certains autres sites de particuliers ( algerie-ancienne.com par exemple) et à partir desquels vous pouvez trouver des informations notamment sur les villages de colonisation en Algérie.
Cependant, les archives sont plus précises pour celui qui recherche un site ou une période particulière. Quant à Sidi el khier, je ne l’ai pas évoqué dans le livre, car il n’est pas apparu dans les sources que j’ai exploité. Si vous avez une idée précise d’un site ou d’une date particulière, je pourrai peut être vous faire parvenir quelques éléments issus de mes documents.
En lisant De Sitifis à Sétif, vous trouverez une approche générale de l’histoire de la région de Sétif des origines à nos jours, avec bien entendu des périodes plus documentées que d’autres et ce, en fonction de sources, et également une bibliographie de travail, qui pourrait vous intéresser. |
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6 septembre 2010,
05:21 , par Beaumarchais :
bonsoir Monsieur et Saha Ramdhanak, bravo et fellicitation pour vos travaux, on aimerait bien vous voir a la télé et nos enfants s’inspirent de vous et faire savoir votre ouvrage de recherche et prqoi pas serait guide scolaire. bonne continuation salam |

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Réponse le 10 septembre 2010, par Karim Chaibi
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je vous remercie sincèrement et vous souhaite également Sihem Ramadan makboul et Aid moubarak !
Vous évoquez les enfants et il est effectivement très important de pouvoir leur expliquer les grandes lignes de leur histoire.
Avant de commencer ce travail de recherche sur Sétif, j’avais commencé par dessiner la ville et ses environs avec l’objectif de montrer notre patrimoine naturel au plus grand nombre (ceux qui se sont rendus au salon du livre de Sétif ont pu voir ces dessins).
Avec cet ouvrage, j’ai voulu diffuser une histoire illustrée de nombreuses cartes et illustrations, afin d’intéresser un large public.
L’idée d’intervenir éventuellement auprès d’un jeune public sétifien est ainsi intéressante, notamment pour défaire de nombreux mythes construits autour de l’histoire de l’Algérie.
Au delà du livre et des images disponibles, ce sera peut-être aussi en parcourant les paysages de la région, dont ils visitent occasionnellement les sites (Djemila...), que nos jeunes doivent pouvoir comprendre, qu’ils font partie aussi bien du monde occidental (héritage antique, francophonie...) que du monde oriental (héritage arabo islamique). Cette dualité a façonné notre identité particulière, notamment dans la région de Sétif, qui a particulièrement compté dans l’histoire de l’Algérie. |
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8 septembre 2010,
12:02 , par Chaoui :
Monsieur Chaibi, un grand BRAVO pour ce travail. J’ai lu l’ouvrage avec un grand plaisir et me suis réellement instruit ; c’est un régal. Si d’aventure vous préparez une seconde édition, ce que je souhaite, je vous suggère de faire attention à la toponymie, il me semble que certains noms de lieux ont été incorrectement transcrits. Encore bon vent et Joyeuse Fête de l’Aid. |

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Réponse le 9 septembre 2010, par Karim Chaibi
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je vous remercie chaleureusement !
Concernant les erreurs quasi inévitables que vous avez remarqué au niveau de la toponymie, il serait intéressant que vous me les signaliez. Il s’agit en effet de voir de quelle période il s’agit, certains documents (XIX ème )ayant été notamment retranscris in extenso. Je suis en outre très attaché à la précision des lieux, sur les cartes en particulier. A ce propos, il est intéressant de voir comment le site Sétif a été retranscrit sur les cartes anciennes jusqu’au moment de la conquête française.
Taqabal minna wa minkoum assiyem wa’Aidkoum moubarak ! |
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9 septembre 2010,
00:15 , par Kamel :
salut cher ami karim
j’ai cherché partout le film dont vous m’avez parlé durant votre vente dédicacée à l’occasion du salon du livre de Setif 2010 ,et je ne l’ai pas trouvé , le film tourné en 1958 à El Eulma ex-saintarnaud ,avez vous une ideé ,Merci |
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Réponse le 9 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Salut à toi mon ami Kamel,
Le film existe bien mais je pense qu’il n’a pas été encore numérisé pour être diffusé sur le site de l’INA, c’est pourquoi il faut se rendre sur place (Paris)pour le visionner, ce que j’ai l’intention de faire prochainement pour confirmer, je te le promets. En attendant je te propose ce petit bout de reportage avec St Arnaud sous la neige en 1949 (a moins que tu le connaisses déjà !).
http://www.ina.fr/video/AFE02014584...
Que se passe t il avec le site el-eulma.com, ca n’a pas l’air de fonctionner.
A bientôt wa Aidak moubarak ! |
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9 septembre 2010,
00:52 , par Linda :
Bonjour Monsieur Chaibi, je préside un club de chefs d entreprise sur Lyon, je suis tres attachée à SETIF pour de nombreuses raisons.
Je veille à ce que mes activités entrepreunariales aient un lien avec notre histoire et notre culture. Je voulais m entretenir avec vous pour un projet précis sur Villeurbanne. Comment vous contacter ? bien à vous Linda BELAIDI |

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Réponse le 9 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Bonjour, étant moi même natif de Lyon où je me rends assez souvent, je ne peux que répondre avec enthousiasme à votre souhait de nous rencontrer. J’avais l’intention de m’y rendre vers le 20 septembre.(contact : faraxen@free.fr)
Par ailleurs, étant donné le nombre important de Lyonnais originaires de l’est algérien et en particulier de la région de Sétif, il serait intéressant de pouvoir diffuser le livre, dans certaines bibliothèques par exemple. Pour les intéressés, ce sera à l’occasion du salon du livre de Paris que les éditions DALIMEN le présenteront. En attendant je tâcherai d’en apporter moi même quelques exemplaires à Lyon après le salon du livre d’Alger( du 26/10/2010 au 06/11/2010)
A bientôt |
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9 septembre 2010,
10:04 , par saida hedna :
Bonjour Monsieur,
Pourriez-vous me dire si la publication est exclusivement algérienne, ou bien est-il disponible dans des librairies en France, en région parisienne par exemple, et quelles seraient ces librairies.
cordialement
Seyida |
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Réponse le 9 septembre 2010, par Karim Chaibi
:
L’ouvrage n’est actuellement disponible qu’en Algérie (Sétif, Alger). Il sera en principe également présent au prochain salon du livre de Paris. Je vais demander aux éditions Dalimen la possibilité de l’expédier aux intéressés résidant hors d’Algérie.
Cordialement |
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10 septembre 2010,
13:49 , par Samir :
Bonjour Mr CHAIBI et Aidak moubarak !
Vous avez mentionné la tenue du salon du livre à Paris sans précisé la date, pourriez vous le faire ?
Au sujet de Setif et notamment des heures sombres de celle ci, à savoir le soulèvement de 1945 :
A la lumière de vos recherches pourriez vous nous donner les raisons pour lesquelles seule Sétif s’est soulevée ( alors que d’autres villes proches, toutes aussi importantes sont restées "calmes")
Il y a t’il un particularisme Sétifien, une conjonction de facteurs qu’on ne retrouvait pas ailleurs ?.
Pourquoi le ras -le bol du colonialisme ne s’est pas manifesté dans des villes ou la brutalité du colon était légion ( je pense notamment à la Kabylie et à la capitale)
Salam |

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Réponse le 13 septembre 2010, par Karim Chaibi
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AÏDKOUM MUBARAK à tous les lecteurs !
Le salon du livre de Paris se tient traditionnellement en mars, et il y a toujours un stand Algérie.
Merci pour votre question concernant mai 1945 car je souhaiterai apporter quelques éclaircissements à propos de ces événements. j’ai exploité notamment des archives militaires mais aussi la recherche de Jean Louis Planche sur la question.
Sans entrer dans les détails du 8 mai 1945, il faut rappeler qu’à Sétif, il est apparu qu’il ne s’agissait pas d’un soulèvement organisé (le PPA n’avait pas donné de mot d’ordre de soulèvement, la manifestation devant être totalement pacifique, mais impressionnante et avec des revendications politiques) , mais plutôt d’une émeute spontanée consécutive à une manifestation de masse qui a dégénérée, suite à l’intervention armée de la police sur le porteur du drapeau algérien, alors interdit par les autorités.
Ce type d’incidents graves qui s’est produit à Sétif s’est souvent produit dans l’histoire comme dans le monde actuel (Tian An men en 1989, Andijan-Ouzbekistan en 2005).
Cependant, l’émeute violente qui s’est déroulée le matin du 8 mai 1945 à Sétif n’aura pas duré. Elle a provoqué un soulèvement non pas dans la ville, qui avait été immédiatement investie par l’armée et la gendarmerie meurtrières, mais dans l’arrière pays au nord de Sétif.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le caractère géographique limité du soulèvement.
D’abord il y a les mouvements de la population ayant fuit Sétif. C’est en effet en refluant massivement vers leurs douars autour de Sétif et en fait principalement au nord, que des milliers de paysans présents en ce jour de marché colportèrent à pied ou en taxi (el adouani)les nouvelles des manifestants mitraillés par la gendarmerie et la police (appuyée par quelques civils). Dès l’après midi du 8 mai, entre Sétif et la mer, des centaines de paysans se soulèvent et attaquent les gendarmeries et autres bâtiments coloniaux des petits villages européens, ainsi que leurs habitants.
Ensuite, la situation a pratiquement totalement échappé aux décideurs politiques (PPA, AML de Ferhat Abbas etc.). Depuis Alger, le PPA a bien tenté de lancer un mot d’ordre au cours du mois de mai pour une action au niveau national, mais trop tardive, alors que la répression s’était déjà abattue sur les militants.
Dans le cas des villages importants dans le cercle de Sétif, St Arnaud (El Eulma) et Colbert (Aïn Oulmene), aucun soulèvement ne s’est effectivement produit, de même que dans les 2 grandes villes proches de la région, Béjaïa et Jijel . Au delà, dans l’est algérien , seule la région de Guelma se révolte après la répression préventive organisée par le sous préfet Achiary.
C’est qu’au moment où les populations environnantes prirent conscience des événements de Sétif, les autorités avaient déjà fait déployer des forces impressionnantes, stationnées dans les villages et le long des routes, sur la côte etc. L’armée avait en effet été prête depuis plusieurs jours à intervenir pour écraser toute tentative de déstabilisation de l’Algérie, au moment où De Gaulle négociait le retour de la France dans les affaires internationales.
Enfin, c’est dans une région particulière que s’est étendu ce soulèvement, dans la Kabylie des Babors ou Petite Kabylie, un pays montagneux qui n’a en fait jamais cessé de prendre les armes contre les Français depuis le début de la conquête. De Kherrata au djebel Tamesguida (Beni-Aziz)la guerre de représailles aura duré pratiquement 2 mois. Massacres et exactions ont été perpétrés dans ces régions par la gendarmerie et des troupes étrangères (légion et Tirailleurs sénégalais). |
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10 septembre 2010,
20:56 , par nao :
salem aleikum,karim,
félicitaion pour la sortie de ton livre et bon continuation.. |
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12 septembre 2010,
18:33 , par Anonyme-77500 :
A quel saint se vouer pour avoir une idée exacte et honnête de ce qu’on appelle histoire de l’Algérie.... |
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14 septembre 2010,
11:43 , par malek :
Tout d’abord je tiens à vous dire que nous sommes honorés par votre présence dans "notre" site puis je voudrais savoir s’il y a un moyen de vous contacter car , en parcourant votre site je n’ai pas ( ou je n’ai pas su ) trouver !
merci |
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Réponse le 17 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Vous pouvez me contacter en m’écrivant à : faraxen@free.fr |
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16 septembre 2010,
13:02 , par Mériem :
Bonjour :
Je viens de lire sur Internet que le journal Le Point vient de publier des documents anglais sur l’insurrection et les massacres du 8 mai en révélant par exemple que l’armée anglaise et l’armée américaine présentes à Sétif à ce moment-là, avaient refusé de participer à la "chasse de l’indigène" Que savez-vous là-dessus et pensez-vous que tous les documents concernant cette date seront un jour mis à la portée de tous ? |

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Réponse le 19 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Bonjour et merci pour votre question.
Tout d’abord, les informations rapportées par le journal Le Point ne me semblent pas tout à fait exclusives car elles sont déjà apparues dans le très intéressant documentaire de Yasmina ADI, l’autre 8 mai (2008). C’est dans son film qu’apparait notamment le reporter américain Landrum Boling avec quelques pages d’un rapport des services de renseignements américains sur les troubles de mai 1945.
C’est également ces sources que j’ai exploitées pour ma recherche sur 1945, recoupées avec les archives militaires françaises disponibles ainsi qu’aux témoignages sur le terrain.
Il n’est ainsi pas apparu que les Anglo-américains aient participé à la répression de mai juin 1945 en termes d’unités de combat déployées mais ils ont fourni une réelle assistance matérielle, en permettant l’utilisation de leurs avions bombardiers, à partir de leur base d’Alger. Concernant la base aérienne de Sétif, elle a pu servir aussi de logistique (des troupes spéciales y ont été acheminées par avion dès les premiers jours), comme l’aérodrome de Teleghma pour la répression dans la région de Guelma.
D’après moi, les autorités militaires françaises n’ont pas pu convié leurs alliés anglo-américains à participer à la répression, et ont même veillé à assurer la plus grande discrétion sur leurs opérations. Ainsi, plusieurs rapports du 2è bureau français évoquent la présence gênante de 2 officiers britanniques de la Royal Navy dans la région de Kherrata les 9 et 10 mai 1945. La censure a bien entendu couvert la réalité des opérations sur le terrain, éveillant la curiosité des services anglo américains.
Enfin,, il ne faut pas oublier qu’en mai 1945, le monde se trouve à un tournant historique. La guerre mondiale s’achève en Europe, les Alliés viennent de s’entendre à Yalta en février 45 pour sceller le sort d’une Allemagne alors envahie de toute part, notamment par des troupes françaises, en fait essentiellement nord africaines.
C’est bien cette carte de sa participation armée et de sa stabilité "à l’arrière", que le général de Gaulle joue dans cette quête de reconnaissance et d’indépendance pour la France vis à vis des Américains. Dès avant mai, l’armée se tenait ainsi disposée à écraser toute tentative nationaliste venant des colonies, principalement l’Algérie et sa région est en particulier, d’où les manoeuvres militaires entreprises peu avant le 8 mai en Kabylie.
Concernant la disponibilité des sources, c’est une question inévitable pour pouvoir donner des explications scientifiques autour de mai 1945. mais le problème n’est pas tant dans leur disponibilité mais dans leur non existence ! effectivement, on trouve très peu d’archives sur des actes qui s’apparentent à des crimes de guerre voire des crimes contre l’humanité, pour employer une terminologie législative. Quant aux images, elles sont le plus souvent au service des acteurs des répressions pour justifier celle ci. Cependant, on arrive parfois à reconstituer la vérité historique en recoupant les sources, notamment avec les récentes "révélations" américaines. Cependant, il ne faut pas oublier que les services eux mêmes exploitent des renseignements divers et pas toujours vrais. C’est ainsi que la recherche s’apparente parfois à une enquête policière. dans mon ouvrage, j’ai quant à moi voulu plutôt dégager les grandes lignes et proposer une cartographie de la répression militaire dans la région de Sétif en mai -juin 1945, bien que je dispose d’autres informations originales sur les rares archives audiovisuelles existant pour Sétif.
J’ai d’ailleurs l’intention d’en discuter prochainement avec les archives nationales algériennes, qui parfois exposent des images intitulées "massacres de Sétif" mais qui en réalité sont plus tardives...
A l’heure de la consommation massive des images télédiffusées, il convient de procurer davantage de précision à ceux qui les regardent. La mémoire collective algérienne, très centrée sur la période 1945-1962 ne saurait pourtant se dispenser de faire cette économie. |
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16 septembre 2010,
22:26 , par Setifien en Amerique :
Cher Mr Chaibi,
Merci pour votre contribution a notre partimoine historique. Dans votre recherche sur l’histoire de Setif, aviez vous fait ou eu connaissance sur les alentours de Setif et les douars voisins ? Histoirs de Saints ou des gens de piete ou de foi. Il y a eu nombreux contes d’un Saint originant de la banlieu de Setif, situee a Ghedjel qui faisait beaucoup parler de lui vers la fin du 19eme siecle. Sa baraka apparemment atteignait plusieurs lieux entourant Setif, il y a un conte qui le placait au coeur de Setif pres de Ain Fouara vers le portail du jardin romain d’a cote, il venait tous les jours de souk, se reposant sur un vieux arbre just a l’entree du dit jardin. Voila Mr Chaibi ce que je voulais savoir si vous aviez quelques connaissances sur ces contes, et merci encore une fois de votre haute contribution. Que vive notre cutlure et que vive notre beau pays. Salam alaikoum. |

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Réponse le 19 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Wa’leikoum salam !
L’histoire des hommes pieux de cette époque est très intéressante, même si ils ont fait parfois l’objet d’un culte particulier(shirk),elle renseigne en effet sur des mentalités et des ambiances vécues par les populations "indigènes". Les tombeaux de "saints" sont ainsi nombreux dans la région de Sétif.
Cependant, je n’ai pas trouvé ce type d’information très répandue dans les archives. Bien que la plupart des documents disponibles soient administratifs, on trouve également des descriptifs de koubas et autres lieux consacrés au culte de saints. Il faut aussi observer les premières cartes de l’armée française où tout est quasiment décrit.
Concernant le "saint" de Guidjel (où se trouvait d’ailleurs les ruines d’une grande mosquée), je n’ai pas rencontré dans mes recherches d’ informations sur ce hommme pieux qui se reposait vers Aïn Fouara, qui s’appelait aussi la Fontaine du Marabout ! Ce terme a longtemps désigné l’homme pieux, l’imam, le saint ...C’est également visible sur un extrait de carte que j’ai mis comme illustration dans l’ouvrage De Sitifis à Sétif.
Je n’ai pas non plus voulu m’attarder sur des thématiques particulières, d’autant plus que certains rapports du XIXè sur certaines populations de Sétif ne sont pas très honorifiques...
On peux de tout façon encore fouiller et trouver car nous sommes loin d’avoir écumé toutes les archives de la région de Sétif ! |
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17 septembre 2010,
19:56 , par amar :
bonjour Mr chaibi,
qu’elle est la relation entre AAMER et setif ? merci par avance. |

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Réponse le 19 septembre 2010, par Karim Chaibi
:
Bonjour.
C’est au temps de la domination ottomane en Algérie qu’apparaissent les premiers éléments concernant le tribus Amer.
Avant que Constantine soit ottomane, les tribus des hautes plaines sétifiennes dépendaient jusque vers le milieu du XVII ème du pouvoir régional des Beni Abbes, dont le centre de gravité se situait au nord de l’actuelle ville de Borj bou Arrerij (plus tard appelés Mokrani).
Une fois que les limites du beylik de Constantine furent fixées, l’itinéraire entre Alger et Constantine par Sétif devint encore plus stratégique et nécessitait des étapes de ravitaillement pour les colonnes de l’armée ottomane.
La gestion des riches terres céréalières de la région devenues « beylik » (appartenant au bey) fut ainsi confiée aux Ammer, qui constituaient alors les principales tribus locales autour de Sétif, alors simple village du type douar avec son marché et où devait également se trouver une petite garnison.
Les beys de Constantine, soucieux de maintenir une certaine stabilité dans cette région s’employèrent à favoriser les mariages entre Koughouglis (Populations issues d’unions entre Ottomans et indigènes) et les grandes familles locales.
Les beys nommaient ainsi des kaïds dans la région de Sétif principalement dans chez les Ammer. Avant l’occupation de Sétif par l’armée française, la population du « douar-village » de Sétif était bien entendue composée de Ammer mais très probablement aussi d’autres populations, Sétif ayant été décrite par les voyageurs du XVIII et XIX è s. comme un grand marché.
L’installation d’un poste de l’armée française à Sétif en 1838 provoqua semble t il l’évacuation du site par les populations locales, dont les Ammer qui retournèrent à leurs douars. Les riches terres qu’ils cultivaient pour le compte du bey furent ensuite confisquées par les autorités militaires françaises et finirent par entrer dans le domaine de l’Etat…pratiquement jusqu’aujourd’hui.
Evincés de Sétif par l’armée, les terres sur lesquelles ils vivaient leur furent par la suite confisquées par la colonisation, notamment par les concessions faites à la Compagnie Genevoise. En 1863 les tribus furent transformées en douars,mais les populations Ammer, ne se trouvèrent pas pour autant coupés de la nouvelle ville de Sétif, puisqu’ils participèrent à la construction de la mosquée (el ‘Atiq), en fait une des toutes premières mosquées franco-algériennes ( architecte français, financement indigène) en 1845.
Avec la colonisation, les Ammer ont perdu les meilleures terres qu’ils exploitaient autour de Sétif, jusqu’à l’oued Deheb mais n’ayant jamais été véritablement indépendants dans leur région, ils finirent par perdre toute consistance en tant qu’entité tribale. Leur survie fut assurée par les ressources des hautes plaines et une certaine modération lors des derniers soulèvements indigènes (1871).
A Sétif, les Ammer n’auront jamais été les seuls indigènes. Mozabites, Kabyles, Chaouis, nomades du sud, indigènes juifs, mercenaires ottomans composèrent le creuset des populations urbaines de la période coloniale, notamment à Sétif, qui n’a jusqu’aujourd’hui jamais clairement défini une identité particulière. |
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17 septembre 2010,
20:34 , par deloula :
pouvez nos donner quelques précisions sur l’arrivée ou la présence des kabyles àsetif.Etaient ils nombreux peu nombreux ?Sont ils natifs de laville ?sont ils venus plus tard ?Qelles étaient leurs relations avec les sétifiens( qui nous le savons sont des arabes)
je n’ai pas lu votre livre.merci pour votre présence sur le site |

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Réponse le 19 septembre 2010, par Karim Chaibi
:
Bonjour, merci pour votre question.
Le thématique ethnique revient souvent dans les discussions entre personnes de la région et c’est très intéressant d’en parler maintenant avec vous.
Il y a tout d’abord la question de la terminologie héritée des premiers voyageurs occidentaux puis celle employée par l’armée française lors de la conquête pour définir telle population ou telle région.
Parler de la région de Sétif et des populations kabyles, c’est-à-dire qui vivent ou proviennent de la Kabylie, c’est déjà définir ce qu’est la Kabylie.
Avant que les officiers français ne dénomment cette région « Kabylie » notamment au nord de Sétif, elle figurait auparavant sur certaines cartes anciennes comme « Montagne de Bougie » ou Montagne de Kouko ( Est de la Grande Kabylie actuelle).
Le terme« Pays des Kabayles » ou « Cabaïles » (les tribus) apparaît sur une carte d’Anville au XVIIIè s. suite au témoignage d’un européen fait prisonnier par les corsaires de la régence d’Alger. De même, c’est à la suite des reconnaissance des colonnes de l’armée française que fut décrit sur les cartes un « pays des Kabyles » voire même « Kabyles insoumis » sur une carte du commandement de Sétif dans les années 1840.
Cependant, la délimitation de cette région restait assez vague. C’est à partir des expéditions militaires de 1850 contre les tribus montagnardes au nord de Sétif, que le terme de Kabylie se précisera davantage, en utilisant également probablement la langue tamazight (berbère) comme élément de définition .Dans la région de Sétif, le Pays kabyle devait pour les Français aidés de leurs traducteurs, commencer à partir des Amouchas.
La région entre la Soummam et le Zouagha (Mila) fut ensuite dénommée Petite Kabylie ou Kabylie des Babors.
Avant Sétif, il y eut bien entendu Sitifis, au temps des cités romano-berbères, pendant lequel on ne parlait pas encore de Kabyles mais de Maurii, Babares, d’Ucutumani, et plus tard Kotama (période arabo-islamique). Ces populations sont intimement liées à l’histoire de Sétif, qu’elles ont habité, parfois menacé (descente des tribus Bavares au III è s.), parfois même détruit (siège de Satif par les Kotama chiites au X è s.).
La cité médiévale de Satif fut déjà un creuset de populations indigènes berbères, d’Orientaux arabo-musulmans (Arabes, Perses …).
C’est ensuite l’arabe, langue de l’Islam, qui s’est imposée à Satif, tout comme elle a été largement diffusée dans le monde urbain médiéval. C’est ainsi que s’arabisèrent les populations berbères dans la région, jusqu’au XII è s. L’invasion des hautes plaines par les nomades Beni Hillal provoqua un certain repli des populations vers les montagnes au nord de Sétif, de même que les Hammadides se replièrent sur Béjaïa. La région de la « Kabylie des Babors » a toujours entretenu une indépendance de fait vis à vis des autorités khalifales de Kairouan, puis de Béjaïa et plus tard Tunis (Hafsides).
Cependant, si les montagnes de « Petite Kabylie » furent le refuge permanent des populations berbères ou non pendant des siècles, elles ne trouvaient pas pour autant coupées de Sétif, place privilégiée pour les échanges. En occupant la place de Sétif et en menant des campagnes extrêmement violentes contre les tribus « kabyles » au nord, l’armée française a favorisé le climat de défiance permanente avec ces populations, qui menaceront la ville de garnison à plusieurs reprises jusqu’au dernier soulèvement de 1871.
Je pense qu’on ne peut pas vraiment définir qu’une ville comme Sétif est arabe ou kabyle, car les populations ont toujours été mêlées et continuent de l’être. Le bilinguisme (arabe-tamazight) est d’ailleurs une notion très présente dans la région au nord de Sétif, et la limite n’est pas très bien établie entre les villages kabyles et les autres. Même si la population de Sétif est principalement arabophone (donc arabe), elle reste une population d’apports divers. |
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20 septembre 2010,
00:18 , par samir :
Salam Mr CHAIBI,
Quel était le rôle de Setif à l’époque romaine. Vous dites que sétif était un passage obligé pour qui voulait faire le trajet Alger-Constantine, certes mais à l’époque romaine quel intérêt ?.
Ils (les romains) maîtrisaient la bande côtière algérienne et c’était suffisant, pourquoi allez encore plus loin ?
Il y a un autre mystère que je n’arrive pas à m’expliquer , celui ci est plus contemporain :
La place de Sétif comme plaque tournante dans le commerce national !
Comment une ville qui est à 150 km de la mer, qui possède depuis peu un aéroport international , a elle pu développer une telle puissance commerciale ?
Y a t’il de la part de l’état algérien, un volonté d’attribuer pour chaque région une caractéristique propre, par le biais d’avantage fiscaux, de moyens spécifiques, de clauses exclusives.... ( pour Sétif le commerce, Alger le pouvoir exécutif, Oran pour le tourisme....)
Merci de vos réponses |

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Réponse le 24 septembre 2010, par Karim Chaibi
:
Sétif (Sitifis) faisait partie d’un ensemble de cités nouvelles créées en Numidie et en Maurétanie Césarienne (capitale Ceasarea- Cherchell) pour les besoins de l’empire romain dans ses provinces en Afrique du nord à la fin du Ier s. de notre ère.
D’abord, il s’agissait d’aménager un territoire peu maîtrisé bien que situé dans un axe important de Cirta (Constantine) à Saldae (Bejaïa) et la Soummam, déjà colonisée (Tiklat).
Des colonies étaient ainsi fondées, destinées aux légionnaires démobilisés (après leurs 20 ans de service) et principalement issus des populations de la région.
Situé dans les hautes plaines céréalières de la Maurétanie- Numidie, Sitifis ne manquait pas de ressources pour en exporter vers les ports assez proches de la Mediterranée (Saldae ou Igilgili – Jijel ). Ce n’est d’ailleurs pas par ces rivages que les Romains ont conquis les hautes plaines de Sétif, mais à partir de la province d’Africa (actuelle Tunisie) et en pénétrant progressivement vers le « far ouest » maurétanien. Les ports romains n’ont fait quant à eux que se développer à partir d’établissements anciens, fondés par les Phéniciens.
Le développement ultérieur de Sitifis n’a plus démenti les choix de l’empereur Nerva.
Concernant votre question sur Sétif de notre époque, je dirai que si le dynamisme économique actuel de Sétif semble se démarquer de la plupart des autres wilayas algériennes, c’est, d’après mon avis de non-spécialiste, que sa région a toujours bénéficié de ressources particulières, qu’elle a su conserver et même développer pendant la douloureuse transition des années 90.
Les années de la guerre civile des années 90 ont en effet épargné quasiment toute la région des hautes plaines, laissant sinistrées cependant les zones montagneuses, théâtre des principales violences et à partir desquelles ont afflués populations et biens dans un mouvement d’exode rural amplifié par plusieurs années de sécheresse.
Dans cette situation de sécurité relative, le facteur humain est devenue une des données majeure pour expliquer l’envolée des prix du foncier dans les villes. La wilaya de Sétif est- il faut le rappeler- une des plus peuplées d’Algérie (1,54 M. d’habitants en 2008). Devant l’afflux de ruraux avec leurs capitaux, ou de populations aisées cherchant refuge dans le plat pays sétifien., le secteur privé du bâtiment s’est trouvé par la suite relancé, dynamisant ainsi une économie locale jusqu’alors peu féconde. Néanmoins, ce développement « non planifié » s’est trouvé accompagné d’une relance des activités industrielles et commerciales, avec notamment l’effet « Dubaï ».
L’héritage industriel des années 1970 -80 dont avaient bénéficié Sétif, El Eulma et Aïn el Kebira se sont en effet maintenus et n’ont pas sombrés comme certains autres sites industriels de l’Algérie. Ils ont même été pour la plupart relancés (chimie plastique, agro alimentaire…) notamment dans la zone de Sétif.
Bien entendu l’effet « Dubaï » a été un des grands événements économiques de la région, voire du pays. Le phénomène d’importation massive de biens de consommation en provenance d’Asie et du Proche Orient par des commerçants de El Eulma a été un facteur de croissance très important, qui a bénéficié à la région de Sétif, aussi bien en termes d’emploi qu’en termes de revenus fiscaux.
Déjà bien avant les ambitieux programmes nationaux d’aménagement (Autoroute transnationale, programme du million de logements…) la région avait en quelque sorte pris les devants, avec les moyens locaux mais surtout avec sa population, notamment expatriée, qui n’a semble t il jamais douté de la relance. |
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20 septembre 2010,
00:51 , par Anonyme-78192 :
1- Dans votre livre, vous ne dites rien de la période chrétienne de Sitifis, entre le IIIème et VIIème siècles de notre ère et ce que sont devenues les populations chrétiennes après la première vague de conquête musulmane, entre 670 et le siège de Satif par les Kotamas fatimides ?
Vous ne dites rien de la destruction de la ville par le tremblement de terre de 418 et sa reconstruction par le Général Salomon. Est-ce un oubli, une ignorance ou une omission volontaire ?
2- Novatus de Sitifis disait la messe dans la langue parlée dans la région, le néo-punique, sur les conseils d’Augustin d’Hippone, pour détourner les populations du schisme donatiste. Que reste-t-il de cette langue ? |

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Réponse le 24 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Bonsoir
Tout d’abord on ne peut pas vraiment parler de « période » chrétienne concernant l’Afrique romaine, certes le christianisme s’y est installé fortement mais de manière très progressive mais ne s’est pas imposé massivement car de nombreux autres cultes étaient pratiqués en Maurétanie même au Bas Empire (ou Antiquité tardive).
Si l’on a pu dégager les grandes lignes de l’histoire des Chrétiens des régions de Numidie et Maurétanie, il n’en est pas de même pour Sétif, qui n’a pratiquement pas fait l’objet de fouilles systématiques et d’autre part n’a pas fait l’objet de travaux spécifiques de la part du monde de la recherche hormis ceux sur lesquels je me suis appuyés pour écrire mon livre, car je ne saurait prétendre les devancer.
Il en est de même pour le tremblement de terre évoqué par St Augustin (Sermon 19, 6), fait assez intéressant et dont j’ai pris connaissance dès le début de ma recherche (Atlas de GSELL-1910, notamment disponible au Musée archéologique de Sétif et de Djemila) mais que je n’ai pas voulu inclure dans la période concernée car cet événement n’a pas non plus été une information décisive pour évoquer les grandes lignes de la période romaine à Sétif et n’a pas non plus été mentionné dans les travaux de Claude Lepelley (voir bibliographie), spécialiste des cités romaines de cette région à cette époque, tout comme il n’a pas été reporté dans l’ouvrage de référence de Serge Lancel, L’Algérie antique, paru en 2003.
La ligua punica ou néo punique a semble t il perduré jusqu’à la conquête arabo-musulmane d’après Gilbert Meynier (L’Algérie des origines, 2007). L’historien rapporte également que le christianisme s’est progressivement effacé au cours des siècles d’accukturation arabo-islamique. Dans les travaux concernant Satif des Aghlabides ou des Kotamas, je n’ai d’ailleurs pas trouvé mention de Chrétiens. La recherche continue certainement auprès des spécialistes, qu’il faudrait consulter en particulier.
En ce qui concerne les travaux entrepris par le général byzantin Solomon ( pas Salomon) j’ai expliqué dans mon livre la stratégie de reconstruction de places fortes à l’ouest des positions de l’armée byzantines en Maurétanie au Vè s.
Je me suis personnellement intéressé au mouvement des Donatistes quand j’étais à l’Université Lyon II mais il est encore aujourd’hui difficile de donner une approche régionale de cette branche chrétienne en Maurétanie.
Mon travail sur l’histoire de Sétif n’a en effet pas la prétention de s’aventurer dans des thématiques aux sources rares même si l’histoire de ces populations chrétiennes qui furent nos ancêtres est passionnante, et vous en êtes, je le pense, un lecteur tout aussi passionné.
A bientôt |
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25 septembre 2010,
08:19 , par derzakk :
Peut-on savoir l’origine de l’appellation et le nombre ainsi que les noms des tribus AMMER autours de Sétif.
Une autre question qui a toujours taraudé mon esprit : Ammer LAHRAR : pourquoi le terme LAHRAR (il n’ y a pas une connotation raciste Ammer=Arabe=Libre(ahrar) et Kabyles (non libre) ??
J’essaye juste de comprendre.
Merci |

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Réponse le 28 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Bonjour.
Après avoir conquis la région des hautes plaines et occuper Sétif entre 1838 et 1839, l’armée française cumule les renseignements sur les populations locales dont les Ammer, qui sont décrits comme 2 tribus d’origine arabo-berbère.
Ce sont les AMMER GUEBALA (dont ouled saber, Ouled Ali Ben Nasser, Ouled mansour, Ouled Zaïd) avec comme kaïd désigné au début un certain Douadi Belkeskes. Viennent ensuite les AMMER DAHARA (Entre autres Beni Brahim, Ouled ali ben Khelifa, Ouled Belkheir). Cependant, ces populations se trouvent mêlées à d’autres tribus très proches autour de Sétif, dont elles partagent liens de parenté et terres (semi nomadisme des Ammer), dont les Righas, Ouled Nabet, dont les noms survivront en tant que douars tandis que les Ammer disparaissent (vers 1849) en tant qu’entité officielle, avec la spoliation de leurs terres par d’abord la ville de Sétif, puis par la colonisation européenne.
En ce qui concerne l’origine du nom des Ammer, je n’en ai, hélas, aucune connaissance |
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27 septembre 2010,
21:25 , par Toufik H. :
Bonsoir Karim, content de te lire.
Sur les gazettes du Monde Illustrée, du 9 Novembre 1871, j’ai trouvé un article qui parlaient de la capture d’Ahmed Bey et Brahim Ben Illès, traqués, capturés et jugés à Sétif.
Pouvez-vous nous donner des détails de cette rébellion, de ces deux meneurs et de leur rôle dans l’insurrection et la rébellion du Hodna. Amicalement Toufik. |

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Réponse le 28 septembre 2010, par Karim Chaibi
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Bonjour !
Ahmed bey a effectivement participé à l’insurrection quasi généralisée qui s’est déroulée de mars à octobre 1871. C’est dans l’Est algérien que ces luttes furent menées sur fond de djihad contre l’autorité française, et notamment dans la région de Sétif, avec les montagnes des Babor au Hodna comme principaux théâtres de cette guerre.
C’est à partir du 20 mai que des colonnes mobiles françaises parties de Sétif commencent leurs opérations contre les tribus ayant pris les armes ou ayant manifesté une certaine hostilité contre l’autorité française.
La France vit alors les derniers jours de la Commune, une quasi guerre civile qui se déroule à Paris (répression contre le gouvernement révolutionnaire de Paris en mai 1871) après la défaite de Napoléon III contre les Prussiens à Sedan (septembre 1870).
En Algérie, il est alors donné carte blanche à l’armée de la nouvelle république née dans le sang pour écraser le soulèvement parti de plusieurs régions de l’est.
La colonne « Delacroix » fut particulièrement dure avec les tribus. De la Qalaa des Mokrani aux Babors, la répression fut terrible.
Louis Rinn (Histoire de l’insurrection de 1871) rapporte ainsi que le général Delacroix « avait châtié les tribus encore plus qu’il ne les avaient vaincues, et le châtiment avait été rude, plus rude que ne la réclamait la culpabilité réelle ou la résistance de ceux qui avaient eu le malheur de se trouver sur sa route ».
A partir d’octobre 1871, les colonnes françaises, appuyés par des éléments indigènes passent à l’attaque au sud de Sétif, dans le massif du Hodna, après avoir écrasé les Righas à Ksar Tir (massacre aux Ouled Gacem).
Ahmed bey se trouve quant à lui alors dans la forêt du djebel Afghane (à l’est des gorges de Soubella). Il décida alors de se rendre en réclament la vie sauve pour sa famille. Le 15 octobre Ahmed bey se trouve encerclé à la fois par l’armée française et par les goums des ‘Eulma et ‘Abdenour, qui ont participé à la répression comme troupes auxiliaires (elles l’étaient en fait depuis la conquête).
Jugé à Sétif, Ahmed bey( qu’il ne faut pas confondre avec le bey Ahmed qui résista aux conquérants français après la chute de Constantine en 1837) fit partie des centaines d’Algériens, notamment de la région de Bordj et Sétif qui ont été déportés en Nouvelle Calédonie, tandis que nombreux ont fui vers la Tunisie.
Merci pour ta question |
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